Comment battre les micro-limites (en cash game shorthanded)
Cette synthèse s'adresse principalement aux joueurs qui débutent et à ceux qui souhaitent progresser dans les petites limites de cash games sur les tables avec 6 joueurs au maximum (shorthanded). Je vais donc utiliser un vocabulaire simple et un maximum compréhensible par tous. Si toutefois vous ne connaisseriez pas la signification d'un mot ou d'un terme de poker (souvent anglais), je vous invite à aller jeter un oeil dans le glossaire que met à votre disposition pokerstrategy. Attention, je ne prétends pas avoir la science infuse. Il se peut que certains joueurs ne soient pas entièrement d'accord avec tout ce qui va être dit. Je souhaite juste vous retranscrire grossièrement mon expérience à ces limites qui m'a permis de les vaincre à plusieurs reprises. Bonne lecture.
Introduction
Avant de nous plonger dans la stratégie et la manière dont il faut aborder les micros limites, il est bon de définir ce que sont ces fameuses limites que mettent à disposition les sites de poker en ligne. Etant dans le bas de l'échelle lorsqu'on s'assoit à ces tables (NL2, 4, 5 et 10), il est logique que ce soit à ces dernières que nous trouverons le plus de joueurs moyens et mauvais. Les blinds et les tapis de départ étant très faible, vous trouverez souvent des joueurs qui sont assis aux tables dans le seul et unique but de jouer leur poker. Certains ne porteront même pas attention au fait qu'ils perdent ou qu'ils gagnent. Ils veulent jouer, voir des flops et aller chercher leurs combinaisons à n'importe quel prix ou presque. Vous trouverez également des joueurs qui ont déjà entendu parlé de stratégie mais qui ne maîtrisent pas toutes les bases pour pratiquer un jeu gagnant ce qui fait d'eux des joueurs très moyens que nous devrons exploiter. Enfin, il y aura aussi quelques joueurs qui connaissent le poker et qui se lancent à ces limites en ayant connaissance de l'attitude à avoir pour gagner de l'argent. Ces joueurs là il sera préfèrable de les éviter et de les respecter s'ils montrent de la force sur une main donnée. En cash game, pour gagner de l'argent, il suffit d'être meilleur que la moyenne des joueurs qu'on rencontre. A ce titre, il est donc logique qu'on tirera nos principaux bénéfices sur les joueurs mauvais et moyens. Mais qu'est ce qui différencie un joueur mauvais/moyen d'un joueur gagnant ? Plusieurs choses... Un jeu solide, une bonne agressivité, la capacité de pouvoir exploiter les faiblesses adverses sont autant de détails qui permettront d'être meilleur que les autres mais pas seulement... Commençons donc à rentrer dans le vive du sujet.
Chapitre I : Le jeu préflop
Vu que la plupart de nos adversaires vont jouer un trop grand nombre de mains avant que le flop tombe, notre première objectif va être de rentrer dans les coups avec des mains qui dominent les leurs. C'est pourquoi nous allons sélectionner consciencieusement nos mains de départ afin d'une part d'être devant nos adversaires un maximum de fois mais aussi de faciliter nos décisions une fois le flop tombé.
1/ Les éventails de mains de départ
La seule façon de gagner de l'argent est d'aller le chercher chez les autres. En jouant des mains bien sélectionnées, vous aurez un avantage certains sur celles de vos adversaires et c'est pourquoi vous devez jouer de manière agressive en relançant un maximum de mains. Nous allons dans ce but privilégier un jeu serré (en jouant des mains fortes) et agressif (en les jouant avec l'initiative). Voici donc des éventails de main de départ selon les situations et les positions où vous serez assis à la table.
Illustration des positions à une table de poker
¤ Si tout le monde s'est couché avant vous (first-in), vous relancerez par défaut à 3 grosses blinds avec ces mains là :
UTG : Toutes les paires (de 22 à AA), AJo+*, ATs+** et KQs.
MP : Toutes les mains UTG plus ATo, A9s, KJs, QJs et KQo.
CO : Toutes les mains MP plus A9o, A8s, JTs, KTs et KJo.
BU : Toutes les mains CO plus A7o et A8o, A6s et A7s, T9s, QTs et KTo.
SB : Toutes les mains BU plus tous les As et tous les rois assortis.
BB : Etant en dernière position en grosse blind, si tout le monde s'est couché avant vous, vous aurez remporté le coup.
* "o" veut dire offsuit qui signifie en français dépareillé (pas de la même couleur).
** "s" veut dire au contraire suited qui signifie en français assortis (de couleur identique).
¤ S'il n'y a pas eu de relances avant vous mais qu'il y a un ou plusieurs limper(s), vous relancerez par défaut à 3 grosses blinds + 1 par limper avec ces mains là :
UTG : Etant premier à parler vous serez obligatoirement first-in. Référez-vous donc au premier éventail de main ci-dessus.
MP : Toutes les mains UTG si vous étiez first-in.
CO : Toutes les mains MP si vous étiez first-in.
BU : Toutes les mains CO si vous étiez first-in.
SB : Toutes les mains BU si vous étiez first-in.
BB : Toutes les mains BU si vous étiez first-in.
¤ S'il y a eu une seule relance avant vous, vous sur-relancerez (3Bet) par défaut à 3 fois la relance initiale avec ces mains là :
Si relance d'UTG : JJ+, AQs + et AKo.
Si relance de MP : Pareil que pour une relance d'UTG.
Si relance de CO : Vous pouvez ajouter TT, AJs et AQo.
Si relance de BU : Ajoutez encore les mains 99, ATs et AJo.
Si relance de SB : Ajoutez pour finir les mains 88, A9s et ATo.
¤ L'éventail de main avec lequel vous pouvez vous contenter de simplement caller (suivre) :
Peu importe la position, les deux (trois) seuls cas de figure où vous pourrez vous permettre de simplement caller sont :
- si vous possédez une pocket pair (de 22 à TT) et que l'adversaire qui aura au préalable relancé possède un tapis au moins égal au vôtre (c'est à dire au minimum 90/100 BB et plus).
- si au moins trois joueurs sont rentrés dans le coup et que vous possédez une main connectée et assortie ou un As assortis (ex : 8 et 9 de pique, 6 et 7 de coeur, A et 4 de trèfle...).
(- si le joueur au bouton vole excessivement les blinds et que vous avez une main décente telles que les Ax assortis, KJ, QJ...) <---- attention à bien cerner votre adversaire et à agir en fonction de ce dernier, ne vous emballez pas avec des 23 assortis ou autres !
Le but étant de maîtriser un maximum les débats qui auront lieu sur le flop et après, vous serez particulièrement bien armés avec ces éventails de mains. Cependant, ces éventails ne sont pas forcément inamovibles ! Vous pouvez très bien les ajuster en fonction des différents profils à votre table. Par exemple si les joueurs placés aux blinds sont très serrés et/ou abandonnent facilement après le flop, vous pouvez aisément vous permettre de rajouter quelques mains lorsque vous êtes aux positions tardives comme au CO et au BU. Avec l'expérience chacun dégage ses propres éventails de mains de départ selon ses aises et ses tables à vous d'en faire autant une fois que vous commencerez à être à l'aise.
2/ La position
Voici un point très important, la position... Plus vous êtes proche de la droite du bouton plus vous aurez de chances d'avoir la position sur vos adversaires et avoir la position signifie avoir un gros avantages sur les autres. En effet si vous êtes au bouton vous serez quoiqu'il se passe assuré d'avoir l'avantage de parler après votre adversaire, vous pourrez donc avoir le privilège d'adapter vos actions à celles des autres qui eux devront parler avant vous. C'est d'ailleurs le fait de potentiellement avoir cette avantage qui nous permet d'élargir l'éventail de nos mains de départ plus les positions sont tardives (comme au CO et au BU). Il est primordial que vous preniez conscience d'avoir la position ou pas sur les joueurs présents à votre table. Vous constaterez logiquement que vous serez beaucoup plus en mesure de remporter un coup si vous êtes bien positionné et à contrario vous serez beaucoup plus enclin à faire des erreurs si vous ne l'avez pas. Mettez un maximum de chances de votre côté, profitez de cet avantage non-négligeable.
Chapitre II : Le jeu postflop
Maintenant qu'on a pu voir les principaux points pour se mettre dans de bonnes conditions vis à vis des autres joueurs pour remporter nos mains, nous allons pouvoir discuter du jeu postflop. Comme pour le jeu préflop, notre but va être de garder au maximum l'initiative et pour se faire de continuer à joueur agressivement mais pas n'importe comment...
1/ Le continuation bet
Pour faire simple, le continuation bet est une mise qu'on effectue sur le flop en prolongement d'une relance qu'on a fait lors de la première phase d'enchères (préflop). Le continuation bet se fera souvent en bluff ou semi-bluff et c'est d'ailleurs un des seul cas ou nous tenterons de faire passer quelques bluffs en micro limites. C'est parce qu'on aura été agressif préflop qu'on pourra se permettre de faire des continuations bet. C'est aussi parce qu'on aura la position et que notre adversaire aura checké qu'on pourra faire notre CBet.
Voici quelques cas de figures où vous devrez éviter de faire un CBet :
- si vous n'avez rien touché sur le flop et que votre main n'a pratiquement aucune chance de s'améliorer,
- si vous avez touché un petit quelque chose mais que le flop est très connecté (ex : vous avez A9 de pique et le flop dévoile T de coeur, 9 de coeur et J de trèfle),
- si vous avez relancé une pocket pair mais que le flop dévoile 2 têtes (ex : vous avez 66 et le flop dévoile 4, K et Q).
Pour vous donner une idée, votre pourcentage de Cbet doit être compris entre environ 50 et 70 %. Pour parfaire ce pourcentage, il est bon de connaître la force de notre main vis à vis du flop et de l'éventail de mains qu'on donne à notre adversaire. Pour connaître les possibilités que possède notre main pour s'améliorer, je vous invite à poursuivre votre lecture.
2/ Les côtes et outs
Voici le premier côté vraiment mathématique du poker. Comme on a pu le voir par rapport au continuation bet, il peut-être parfois profitable de continuer à miser lorsque notre main à de grandes chances de s'améliorer. D'abord on peut remporter le coup de suite mais en plus si nous sommes suivis notre main à des chances de repasser devant celle de l'adversaire. Dans cette optique là, il peut même être profitable de caller une mise adverses si notre main s'y prête et que nous avons assez de cartes suceptibles d'améliorer notre main (les outs). Afin de savoir si votre mise ou votre call est profitable, il est essentiel de calculer le potentiel qu'a votre main en prenant en compte vos outs, le montant de la mise adverse et le tapis du joueur qui nous affronte. C'est uniquement en calculant les côtes de notre main que nous parviendrons à estimer notre action (caller/miser/relancer) comme étant bonne ou mauvaise.
Pour être tout à fait franc avec vous, ce n'est qu'à partir de la NL10 que j'ai réellement commencé à m'intéresser aux côtes mais rien ne vous empêche de le faire dès le début, plus vous serez armé pour aborder vos sessions plus vous gagnerez d'argent alors pourquoi se priver ?
Pour être complet sur le sujet et pour éviter de dire trop de bêtises, je vous invite à aller consulter ce sujet stratégique : Les bases (3) : cote et outs.
3/ Le turn et la river
Nombreux sont celles et ceux qui se cassent les dents sur le turn et/ou la river. En effet il peut-être parfois très difficile de savoir qu'elle action faire lorsqu'on arrive à ces stades. Le travail de votre jeu préflop doit être votre priorité absolue lorsque vous débutez aux micros limites parce qu'il vous permettra d'éviter les situations compliqués une fois arrivé au turn. Les seuls conseils que je souhaite vous donner sur ces points sont les suivants :
- avec toutes sortes de mains inférieures à top pair, je vous invite à prendre une ligne passive et d'éviter les calls si vous n'avez pas ou peu de possibilités d'améliorer votre main, vous aurez tellement d'autres situations profitables qu'il serait dommage de perdre trop d'argent avec des mains marginales,
- avec une top pair et un kicker mauvais ou moyen continuez votre agression sur le turn, si vous êtes encore suivis n'agressez pas sur la river et pensez à abandonner votre main si votre adversaire se réveille,
- avec une top pair et un bon kicker misez turn et river tant que vous n'êtes pas relancé, si vous êtes relancés prenez le temps d'évaluer votre main vis à vis de votre adversaire et de la texture du board,
- avec toutes autres mains meilleures qu'une seule paire, misez turn et river. Si vous êtes relancé prenez le temps d'analyser la texture du board et les mains adverses possibles en calculant votre equity.
Je ne souhaite pas aller plus loin dans les conseils que je peux vous apporter tout simplement parce que nos actions à ces stades deviennent très dépendantes de nos adversaires. Il serait dommage de vous donner des lignes à prendre alors qu'elles ne seront pas adéquates aux situations auxquelles vous serez confronté. Pour vous aider à mesurer la force de votre main par rapport à celle du joueur en face, il est possible de calculer votre equity. Prenez le temps de lire cette article stratégique sur l'équité, il vous permettra de vous sortir de situations délicates et donc d'économiser ou de gagner de l'argent en prenant les bonnes décisions. En résumé, ne vous embarquez pas dans des bluffs surtout contre les fishs (mauvais joueurs), préférez soutirer de l'argent avec vos mains faites et en exploitant le fait que vos adversaires vont voir le flop avec trop de mains faibles.
Chapitre III : Savoir gérer son poker
Vous savez maintenant comment aborder le jeu aux tables de micro pour en sortir gagnant mais sachez qu'il ne suffit pas de bien jouer pour être efficace. Certains paramètres invisibles aux tables vous permettront de vous en sortir mieux que les autres et c'est sur ces paramètres que nous allons nous pencher dans ce 3ème chapitre.
1/ La gestion de bankroll
La bankroll est en d'autres termes votre capital pour jouer au poker. Si vous voulez continuer à jouer longtemps et à vaincre les limites les unes après les autres, le bankroll management n'est surtout pas à négliger. En effet vous savez désormais comment jouer telle ou telle main mais être gagnant au poker ne dépend pas seulement de votre stratégie aux tables. C'est parce qu'il s'agit d'un jeu basé sur le long terme et sur la régularité qu'il faut prévenir les éventuels coups durs et les périodes où rien ne va comme on voudrait. Il arrivera des moments où bon nombre de vos mains premiums (AA, KK, QQ...) ne passeront pas, où lorsque vous toucherez votre brelan l'adversaire en face vous le brisera avec une couleur, où quand vous aurez touché votre couleur ce même adversaire vous prendra votre tapis avec un full sortis de l'espace... Et oui le poker c'est aussi ce genre de périodes qu'on appelle bad run et qui est dû à la variance que chaque joueur, peu importe son niveau, rencontrera à un moment ou un autre. Afin de prévenir cette variance et d'éviter de passer par la case banqueroute, une seule solution : la gestion de bankroll.
Je vous invite fortement à procéder comme suit :
- commencez en NL2 avec une bankroll d'au moins 40 euros (soit 20 caves de la NL2),
- montez en NL4 avec le double, 80 euros et en NL5 avec 100 euros (toujours 20 caves),
- si votre bankroll descend en dessous des 15 caves de la limite sur laquelle vous êtes redescendez à la limite inférieure. Regagnez les 5 caves de perdues et remontez une fois les 20 caves de la limite supérieure de nouveau atteintes.
- pour la NL10 je vous recommande de commencer à étoffer un peu plus votre bankroll en ajoutant 5 caves de plus à votre accession pour cette limite et de redescendre en dessous des 20 caves.
Plus vous monterez de limite plus le niveau sera difficile et plus vous serez sujet à la variance alors n'hésitez pas à prendre un maximum de sécurité en ajoutant à partir de la limite 10 et jusqu'aux limites supérieurs 5 caves de plus pour y accéder (NL20 : 30 caves; NL30 : 35 caves ; etc...).
2/ La sélection des tables
Notre but dans ces petites limites va être de jouer un maximum de joueurs faibles pour les exploiter et leur soutirer de l'argent. Ayant un jeu solide avec des mains de départs plus fortes que la moyenne des mains qu'on trouvera en face, il sera préfèrable de se retrouver face à des joueurs qui ont tendance à aller voir trop de flops. C'est pourquoi il est conseillé de prendre la peine de sélectionner les tables auxquelles vous allez vous assoir de la manière suivante :
- asseyez-vous sur les tables ayant un gros pourcentage de joueurs par flop,
- évitez les tables avec moins de 4 joueurs,
- privilégiez les tables où les tapis sont conséquents et au contraire proscrire les tables remplies de shortstacks,
- si vous avez le choix placez-vous de façon à avoir la position sur les joueurs supposés être mauvais (ils devront se trouver à votre droite),
- toujours se caver au maximum, on est censé être meilleurs que les autres alors profitons-en pour tenter de prendre un maximum de value.
Si vous combinez ces cinq éléments vous serez dans les meilleures conditions pour développer votre jeu et pour faire gonfler votre bankroll. Vous avez la chance de pouvoir choisir alors ne vous en privé pas, allez chercher l'argent là où ils se trouvent.
3/ Le multi-tabling & le volume
Le poker online présente certains avantages par rapport au poker en live. Non seulement on peut profiter de jouer à notre convenance (derrière son bureau, dans notre canapé confortable, aux heures qu'on choisira...) mais en plus et surtout on a la possibilité de pouvoir s'assoir sur plusieurs tables en même temps et donc d'améliorer notre espérance de gain en rapport avec notre temps passé à jouer. Cependant, il est essentiel de savoir ce qu'on est capable de maîtriser ou pas. Pour ne pas mettre la charrue avant les boeufs je vous conseille d'augmenter votre nombre de tables au fur et à mesure. Si vous vous ennuyez sur une unique table ouvrez-en une autre puis apprenez à en gérer deux ; une fois à l'aise avec deux, ouvrez-en une troisième, etc, etc...
En augmentant vos capacités à jouer sur un certain nombre de tables vous améliorerez vos gains, vos capacités à prendre les bonnes décisions rapidement et vous augmenterez votre volume. Faire du volume vous permettra notamment de débloquer des bonus plus rapidement et donc de faire rentrer toujours un peu plus d'argent mais attention, encore une fois privilégiez la maîtrise au volume. Ne vous fixez pas des objectifs difficiles en terme de volume rien que pour pouvoir débloquer un bonus ce serait une erreur et votre jeu s'en retrouverait détérioré. Chacun doit être capable d'estimer ses propres capacités et du coup d'agir en conséquence. Prenez le temps d'apprendre à vous connaître et faites les meilleurs choix.
4/ Le tilt & la psychologie
La variance peut vous faire gagner énormément en peu de temps mais aussi vous faire perdre des euros à une vitesse folle et c'est à cause notamment de cette variance que nous sommes tous (ou presque) sujets au tilt... Le tilt n'apparaît pas forcément seulement lorsqu'on perd de l'argent, on peut très bien tilter à cause de l'euphorie des gains que nous aurons réalisé. On pourrait définir ce phénomène de la façon suivante : action qui pousse à détériorer sa façon de jouer en agissant sur l'état d'esprit du moment.
Autant la variance est inévitable, autant le tilt peut l'être si on a une bonne maîtrise de soi-même. Au poker on gagne aussi de l'argent en en perdant un minimum... La maîtrise du tilt est donc un point essentiel au succès de votre parcours. Vous pourrez lire divers conseils pour vous protéger du tilt mais au fond vous serez la seule personne qui trouvera vos propres solutions. Certains ferment les logiciels dès qu'ils sentent un peu de tensions et de nervosités, d'autres préfèreront continuer à jouer en attendant que les cartes leur sourient à nouveau. Personnellement pour prévenir le tilt je préfère stopper une session dès que je perds 4 caves de la limite à laquelle je me situe mais je répète c'est à vous de trouver les bonnes solutions et de gérer vos émotions.
Après une période de bad run et/ou de tilt, il est très fréquent chez certaines personnes de perdre de la confiance en leur jeu lorsqu'ils se rassoient aux tables. Même s'il est bon de remettre son jeu en question après certaines sessions catastrophiques, lorsque vous vous asseyez à une table votre capital confiance ne doit surtout pas être amputé. Dites-vous qu'avant tout ça votre jeu était gagnant et que si vous continuez à jouer correctement non seulement vous vous éviterez des pertes inutiles mais en plus vous retrouverez plus rapidement une courbe de gains en hausse. Soyez maître de vous même et ne laisser pas vos émotions prendre le dessus. Visez le long terme , ne soyez pas orienté sur le résultat d'une main que vous avez perdu alors que vous la gagnerez les prochaines fois. En bref ? Jouez toujours votre meilleur poker, quoiqu'il arrive.
Chapitre IV : Trucs & astuces
Pour en finir avec cette synthèse consacrée à "comment battre les micro-limites", nous allons voir dans ce 4ème chapitre différents outils, conseils et astuces utilent à votre réussite pour parfaire toujours un peu plus votre winrate (espérance de gain).
1/ La prise de notes
Dans l'optique de pouvoir distinguer les mauvais des bons joueurs, vous pouvez utiliser la fonction prise de notes que mettent à disposition toutes les rooms de poker. N'hésitez pas à noter tout ce que vous jugerez utile si jamais vous recroiserez un joueur. Mettez une certaine couleur aux fishs (vert ?) et une autre aux bons regs (rouge ?). Notez les mooves hasardeux que peuvent faire vos adversaires afin de les exploiter plus tard (ex : slowplay ses grosses mains, vole les gros pots si plusieurs joueurs...). Analysez et soyez prêt à exploiter les erreurs des autres, la prise de notes est une excellente option pour catégoriser les joueurs et tirer des profits dans des situations qui habituellement auraient été délicates sans cette prise de notes.
2/ Les logiciels de poker
Nous avons vu plus tôt dans cette synthèse qu'il fallait parfois faire des calculs afin de jouer de manière optimale pour la côte et l'équité entre autres. Je vous accorde qu'il peut parfois être difficile de sortir sa calculatrice pour faire un grand nombre de calculs... Pas d'inquiétudes ! Si vous êtes quelque peu fénéant comme moi, vous pouvez télécharger quelques logiciels qui vous permettront de réaliser tout ça en quelques clicks seulement. Allez jeter un oeil ici : outils de poker.
Vous trouverez également dans cette page des logiciels de tracking qui permettent de conserver les mains que vous aurez échangé avec tous les joueurs que vous aurez rencontré. En plus de conservez ces mains, ces logiciels vous informeront sur les tendances de vos adversaires comme le pourcentage de mains qu'ils jouent préflop, la fréquence à laquelle ils volent les blinds et bien d'autres ! Le seul petit bémol est que ces trackers ne sont pas gratuit mais n'importe quel joueur vous ventera les bienfaits de posséder ce genre d'aides autour des tables. Afin de vous faire une idée sur ces logiciels, vous avez tout de même la possibilité de les tester en version d'essai dont la durée varie de quelques semaines à un mois complet.
Conclusion
Pour conclure et résumé tout ce qu'on a pu voir dans cette synthèse, voici les points importants à maîtriser pour battre les micros-limites en cash games shorthanded :
- jouer des mains fortes ou à fort potentiel préflop,
- les jouer de manières agressives pour tirer un maximum de value sur les joueurs faibles,
- préférer jouer les mains à potentiel en position afin de garder un avantage conséquent sur nos adversaires,
- ne pas bluffer les fishs qui ne sont en général pas capable de coucher ne serait-ce qu'une middle pair sur 3 barrels,
- ne jamais slowplay en micro-limites,
- savoir positionner sa main par rapport au board et à l'éventail de mains des autres joueurs,
- si les adversaires montrent de la force turn ou river lorsqu'on possède une seule paire, folder sans regrets votre main qui sera presque tout le temps battue,
- savoir gérer sa bankroll pour monter ou descendre de limite,
- sélectionner consciencieusement les tables auxquelles on compte s'assoir,
- multitabler et faire du volume selon vos capacités (ne pas chercher à en faire trop),
- quoiqu'il arrive proscrire le tilt et les mauvaises pensées,
- ne pas hésiter à prendre des informations sur nos adversaires et enfin,
- s'équiper de logiciels de poker pour simplifier et aider nos prises de décisions.
Voilà je pense avoir fait le tour des différents concepts à connaître et maîtriser pour vaincre les micro-limites. J'espère avoir été complet et j'espère surtout pouvoir vous aider pour que vous réussissiez à remplir vos objectifs au poker. Merci d'avoir pris le temps de lire ce pavé et good luck aux tables ! Lilscrappy.