Message original de okapikipok
Salut Belgian,
Wahouuuu, ça faisait longtemps, mais ça valait le coup d'attendre ! Bravo pour ces deux vidéos très intéressantes. Généralement, je ne suis pas fan de ce genre de vidéo portant sur le travail à mettre en oeuvre au poker, mais là j'ai plongé.
Je me pose toutefois une question suite à ces deux vidéos.
Depuis toujours, ton approche du poker est structurée, argumentée, plannifiée, "excelisée", et je trouve parfois à l'excès.
Tout ce travail et cette dissection t'aide cerainement à te détacher de ce qui semble être pour toi ton principal ennemi, à savoir les émotions.
Alors bien entendu, il ne faut pas que nos émotions dictent notre comportement aux tables, mais il ne faut pas non plus perdre de vue que certaines émotions peuvent être des catalyseurs qui vont nous faire aller de l'avant. Pour être plus clair, j'ai par exemple peur que ce travail sur le mental annihile en partie ce qui nous a tous fait jouer au poker : le plaisir.
A aucun moment (mais ce n'était pas vraiment le sujet), tu n'évoques cette notion qui me parait être la notion essentielle. Cela nous fait-il plaisir de jouer au poker ? Car oui, nous jouons. Et même si le jeu se travaille dans une optique de passer des paliers (joueurs pro ou amateur averti), il est de raison de se poser la question du plaisir. Et je trouve que tu n'en parles pas.
Prends-tu plaisir à jouer au poker ? Où trouves-tu ton plaisir dans ce jeu ? C'est quoi ton kif ?
Si je te demande tous ça, c'est que j'ai l'impression (certainement fausse) en voyant ce que tu produis, que tu es quasi exclusivement sur le travail et que tu oublies le jeu. N'ayant jamais été un grand travailleur (encore moins au poker qu'ailleurs), je ne suis peut-être pas le mieux placé pour juger, mais je sais le plaisir que me procure le poker quand je joue et c'est pour moi la notion essentielle qui me donne envie de retourner sur les tables, bien avant les gains éventuels.
Tu sembles apaisé et déterminé, alors amuse toi et fais exploser les courbes vers les sommets !
Réponse à okapikipok : Travailler son mental, c'est apprendre à se connaître.
Salut Oka 
Concernant les émotions, je m'exprime peut-être mal à ce sujet, mais je pense bien dire qu'il s'agit d'apprendre à les contenir et non pas les éliminer. C'est une nuance mais importante car elles sont les indicateurs des différents tilt et pertes de contrôle. Si je paraphrase Jared Tendler concidère ton processus de réflexion comme un bateau avec ses différentes cales ; lorsque celui-ci prend l'eau (j'ai en image par exemple le Titanic, infra) il remplis progressivement ces cales pour arriver à un point de non-retour. Parallèlement, ce point de non-retour c'est lorsque les émotions sont tellement fortes/importantes qu'elles frisent ton cerveau et t'empêche simplement de réfléchir correctement.
Donc il ne s'agit en aucun cas d'essayer de nier ou "détruire" les émotions mais de les identifier et d'apprendre à les connaître pour savoir à quel point elle influencent sur ton raisonnement :
- Savoir que gagner 8 pot consécutivement peut induire chez toi une "sur-confiance" en toi et comprendre comment ton jeu serait susceptible d'évoluer (en bien et en mal)
- Savoir qu'après 5 badbeats tu commence à te plaindre à voix haute tout seul devant ton ordinateur et qu'après 8 ton jeu s'en retrouve modifier et qu'après 10 tu te sent obliger d'arrêter ta session.
- Savoir qu'en ayant fait 2 grosses erreurs, tu perds le file de la dynamique et rentre dans un jeu automatisé
- Etc.
Alors il y a des moyens de travailler à identifier ces émotions qui biaisent ton raisonnement et il y a aussi des moyens de travailler plus en profondeur pour apprendre à rallonger ta résistance de manière à ce que tes compartiments se remplissent moins vite. Le cerveau est un muscle qui s’entraîne comme un biceps pour un lanceur de javelot ou un fessier pour un attaquant de football.
Tu me poses justement la question de savoir ce qui me "fait kiffer" dans le poker et voici ma réponse :
Outre la compétition de vouloir tirer le meilleur de moi à chaque instant, ce que j'apprend à travers le travail mental c'est de mieux être à l'écoute de mon corps et à comprendre les forces mais également les faiblesses de mes différentes émotions. J'apprends à comprendre d'où elles viennent et plus encore, j'apprends à identifier les paradoxes qui font ce que je suis. Souvent ces paradoxes sont l'origines d'accumulation d'émotions inconscientes dans la vie de tous les jours qui peuvent déjà te remplir quelques compartiments avant même que t'aies commencer à jouer au poker. Faire un travail de fond sur ceux-ci te permet d'anticiper la case de non-retour. En gros ce travail mental me permet de mieux me connaître et je dirais même de travailler sur ce que je veux vraiment dans la vie. C'est un travail super intéressant sur plein de questionnements philosophiques comme le sens de la vie ou la vrai nature de l'homme. Comprendre ce qui nous motives aussi paradoxales pouvant être les origines (je sais pas si je m'exprime bien, mais l'idée est là ^^).
En gros, apprendre à filtrer ses émotions, c'est avant tout comprendre qui tu es, d'où tu viens et où tu vas. On apprend donc pas à supprimer les émotions mais à les comprendre et c'est pour ça que c'est très difficile mais tellement enrichissant 
Concernant mon travail technique, je prend mon plaisir dans la recherche de l'adaptation stratégique optimale. Vouloir faire les choses le mieux possibles dans les détails les plus fouillés. Comprendre comment un joueurs réfléchit et trouver comment je peux en tirer avantage. La stratégie a toujours été quelque chose que j'adore depuis toujours et si tu me rajoutes des chiffres alors je suis en plein dans mon élément
Voilà, j'espère avoir répondu à toutes tes questions à travers mon petit roman 