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Article 1/5
Par Charles Coibion alias herculepoirot.
Le poker en ligne est en train de vivre un grand changement en Belgique. Devant de nombreuses interrogations de la part de nos membres, PokerStrategy.com tente d’y voir un peu plus clair. Mise au point d’un tournant décisif.
Au vu de la complexité du sujet, ce rapport va se diviser en plusieurs articles et va présenter la structure suivante :
Pour accéder directement aux différentes sections cliquez sur les hyperliens.
1. Introduction
2. Législation belge concernant les rooms de poker en ligne
3. Législation belge concernant les joueurs de poker en ligne
4. Comparaison avec d'autres pays européens
5. Tableau de comparaison récapitulatif entre la France et la Belgique
Il est important, avant de présenter la situation actuelle, de faire un bref résumé historique de la législation sur les jeux de hasard en Belgique. Cette introduction a pour but de nous familiariser aux principales évolutions de la législation sur les jeux de hasard, et de connaître le principal acteur de l’exécutif, la Commission des Jeux de Hasard.
Nous pouvons distinguer 3 grandes périodes en Belgique concernant la législation des jeux de hasard :
- De 1900 à 1999 : le « Chaos »
- De 2000 à 2009 : la régulation partielle
- A partir de 2010 : une tendance vers plus de cohésion et d’ordre
1.1. Le Chaos : 1900 à 1999
La première loi en matière de jeu de hasard en Belgique a été promulguée le 24 octobre 1902. Le jeu de hasard était alors défini comme tout jeu dont le hasard était prépondérant, c’est-à-dire qu’il fallait au moins 51% de hasard pour que le jeu soit défini comme tel. La détermination de ce concept était assez partiale. En effet, elle dépendait de l’avis d’un expert. Il n’était donc pas rare que cette définition assez subjective du jeu de hasard entraîne certains abus et scandales. De plus, le contrôle sur l’honnêteté de l’exploitant était quasi nul.
1.2. La Régulation Partielle : 2000 à 2009
1.2.1. Les Principes :
Cette volonté de régulation a été concrétisée par la loi du 7 mai 1999, entrée en vigueur le 1er janvier 2000. Cette loi met en application plusieurs principes afin d’augmenter de façon significative la protection du joueur :
- Le principe fondamental est l’interdiction du jeu de hasard, il s’agit d’un « principe juridique » reflétant la règle morale que la société veut s’imposer.
- Cependant, le législateur ne peut pas interdire les jeux de hasard car cela nuirait à la liberté de jouer.
- Ainsi, le principe fondamental pénal d’interdire les jeux de hasard est assorti d’exceptions strictes que l’on retrouve dans la loi du 7 mai 1999 sous forme de licences pour la protection du joueur. Un peu comme pour les permis de conduire, les établissements de jeux de hasard sont divisés en plusieurs classes de licences (A, B, C, D ou E). Chaque classe correspond à un type d’établissement bien spécifique.
- Il faut plus de 21 ans pour avoir accès aux casinos et les salles de jeux.
- Les pertes horaires moyennes pour les casinos sont limitées à 70€.
- Le jeu de hasard est défini plus précisément, il s’agit de « tout jeu consistant en une mise, un gain, et du hasard fut-il accessoire ». C’est-à-dire qu’un jeu ayant même une infime partie de hasard est considéré par la loi comme un jeu de hasard.
Le poker est donc considéré, depuis le 1er janvier 2000, comme un jeu de hasard sans aucune ambigüité possible et doit ainsi faire l’objet d’un contrôle plus accru pour la protection des joueurs.
1.2.2. La Commission des jeux de hasard :
Créée par la loi du 7 mai 1999, elle se charge de l’exécution en mettant en œuvre la législation sur les jeux de hasard. Parmi ses missions, elle est chargée de :
- Donner des avis au gouvernement et au parlement sur les questions qui ont trait au jeu de hasard.
- D’accorder, de retirer ou de suspendre les licences des établissements tels que les casinos.
- De contrôler les conditions d’octroi de licences établi par la loi du 7 mai 1999.
Il s’agit d’un organe extrêmement préoccupé par la protection des joueurs, et qui va jouer le rôle clé dans la législation actuelle du poker en ligne en Belgique, comme nous le verrons dans les prochains articles.
1.3. Tendance vers plus de cohésion et d’ordre à partir de 2010 :
Avec 350.000 joueurs sur internet en Belgique en 2009, les établissements illégaux selon la loi belge sur internet sont très nombreux. Jusqu’en 2011, les joueurs belges n’ont pas rencontré de problèmes puisque les serveurs des grandes rooms de poker sont placés à l’étranger (Pokerstars est par exemple basé sur l’île de Man).
Cependant, l’année 2011 est prête à marquer un grand changement au niveau du poker en ligne. Suite à la loi du 10 janvier 2010 entrée en vigueur le 1er janvier 2011, la Commission des Jeux de Hasard veut en effet renforcer de manière significative la protection du joueur en n’acceptant que les rooms de poker ayant leur serveur en Belgique et une licence accordée par la Commission.
Ainsi, la Commission des Jeux de Hasard a comme idée principale d’exploiter les rooms de poker aux mêmes conditions que celles fixées par la loi du 7 mai 1999. Cette idée principale – qui est en fait la base de toutes les interrogations des membres de pokerstrategy - ainsi que ses corollaires seront abordés dans les prochains articles.


